Pour un Européen, il est difficile de concevoir que le mois de février soit la pleine saison touristique. Puerto Varas en est un bon exemple. C'est un peu La Baule en août. Impossible de se garer dans le centre-ville, voire de circuler aisément. Tous les hôtels sont pleins, y compris les hauts de gamme. Certes, Puerto Varas a du charme, mais en une heure j'en ai fait le tour. L'héritage allemand marque la ville dans son architecture et on peut manger des "küchen" à volonté. La plage de sable noir est bondée, les parasols sont déployés. Baignade dans le lac Llanquihué et activités sportives comme le kayak occupent les vacanciers. C'est aussi un endroit réputé pour la pêche à la mouche.

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Le ciel est dégagé et une fois de plus le paysage est différent de celui d'hier soir. Le volcan Osorno est le roi qui domine le lac. Le propriétaire de l'hôtel me conseille vivement d'y aller. Je prends donc la direction d'Ensenada, petite ville à 45 km de Puerto Varas qui n'est qu'une succession de restaurants et d'hospedajes, et encore ça me paraît très désorganisé. A plusieurs reprises, la vue sur le volcan est splendide.

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Alors que de Puerto Varas, je ne distinguais que le sommet un peu perdu dans les brumes de chaleur, le long du lac, il devient plus précis de kilomètres en kilomètres. Une bande de nuages a pris position juste sous la couche de neige. Je me dirige d'abord vers le Lago de todos los Santos. Je pénètre dans le parc national Vicente Perez Rosales et après la cascade de Petrohué, la route se transforme en piste sur 6 km.

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La carretera austral est bien loin. Au bout de ses 6 km, je trouve un lodge de luxe et quantités de bateaux avec lesquels on peut partir en promenade sur le lac. C'est la couleur de l'eau qui est d'emblée fascinante. Ce n'est plus le bleu clair laiteux de la Patagonie du sud, c'est un bleu qui tire très fort vers le vert. Des gens sont allongés sur les bords du lac. Rien ne ressemble pourtant à une plage. C'est un amas de petits cailloux noirs. 

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Le volcan Osorno est là, juste derrière. De forme parfaitement conique, son sommet enneigé n'apparaît plus aussi lisse que quand je le voyais de loin. Des crevasses sont nettement visibles. En l'observant bien, cette couche de neige paraît être une piste de skis idéale. En réalité, l'ascension du volcan est réservée aux excellents alpinistes et il n'est pas possible d'atteindre le sommet.

Le mieux est encore de s'en approcher. Je quitte le Lago de todos los Santos en rêvant de tout ce qu'il me reste à voir au Chili et prend la route qui mène vers des miradors le long du volcan. Ca grimpe assez sec mais quoi de mieux que d'avoir la sensation de regarder cet Osorno avec une loupe. La bande de nuages s'étire, augmente, se disperse. En-dessous, c'est noir. Du noir de la pierre volcanique. La vue me convient et plutôt que de grimper encore, je préfère contempler depuis ce point de vue. Un Chilien intrigué me demande s'il peut voir la photo que j'ai prise au téléobjectif. Oui, les mouvements et l'épaisseur de la neige sont visibles sur la photo. Un petit cratère est situé à proximité. C'est la présence d'une quarantaine de cratères autour du volcan qui lui permettent d'avoir cette forme conique. Chaque fois qu'une éruption a eu lieu, c'est à partir de ces cratères et non à partir du sommet.

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Le temps s'étire lui aussi et il est l'heure de redescendre. Je ne peux m'empêcher de faire d'autres arrêts photos. Surtout que la masse nuageuse qui protégeait jalousement le volcan a maintenant totalement disparu. Le retour à Puerto Montt est simple et je suis en avance pour mon rendez-vous avec le loueur de voitures. Nous avons une conversation agréable qui porte une fois de plus sur le manque d'éducation et de respect des gens en général. Ernesto a une réflexion qui m'interpelle. Il m'explique que les Chiliens sont des gens intelligents mais qu'ils ne savent pas se servir de leur intelligence. Si ce pays a su se développer correctement, il est vrai que des progrès restent à faire. En matière de tourisme, le peu que j'ai vu l'Argentine montre que le Chili pourrait mieux faire à certains endroits.

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Ernesto me laisse à la station de bus d'où je vais partir à 20 heures pour Santiago par un bus de nuit. Il n'y a pas de trains au Chili ou si peu. Une ligne Santiago-Puerto Montt a été construite mais elle est aujourd'hui éteinte. La station de bus est un grouillement identique à une gare parisienne. La différence, c'est qu'il est impossible de savoir de quel endroit mon bus va partir. Et pour un départ à 20 heures, le bus n'arrive qu'un quart d'heure avant.

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Mais ça fonctionne. Tous les bus partent à l'heure. Pourquoi un homme ferme-t-il la barrière de sortie de la station puisqu'il doit la rouvrir toutes les deux minutes. Un emploi fictif peut-être. Nous sortons de Puerto Montt sans difficulté. A deux carrefours, des jongleurs profitent du feu rouge pour faire la démonstration de leurs talents. C'est mieux que la mendicité pure et simple. Les auto-stoppeurs chiliens investissent même l'autoroute, ce qui est impensable en France.  Bien plus loin que Puerto Varas, le volcan Osorno est le seul élément du paysage intéressant. Nous faisons un arrêt dans la ville d'Osorno avant de filer direct à Santiago. Demain matin, je renoue avec la grande ville.