Quitter Coyhaique au plus vite. Ouf, il y a un bus ce matin à 8 heures pour Puyuhuapi, plus au nord sur la carretera austral. Minibus toujours, à moitié plein seulement. Confort de l'espace disponible et de la route asphaltée. Très vite, nous avons une vue globale sur la ville, posée au pied d'une paroi rocheuse. Le paysage est sensiblement identique à celui que nous avions en arrivant par le sud. Des falaises de chaque côté et, en bas, des champs cultivés, toujours des ronds de balleur qui sèchent en attendant d'être rentrés pour l'hiver qui pointera son nez vers avril.

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Pas de hauts sommets enneigés, mais des falaises à la roche dure tombant sur la plaine de toute leur hauteur. La présence de fermes à intervalles réguliers met de la vie. Ce n'est plus le sud-sud de la Patagonie, tellement vide humainement.

Mais le paysage se resserre, la forêt est désormais notre compagnon de voyage. Le ciel veut cracher son trop plein d'eau, il lâche bien des gouttes, mais comme hier, le soleil n'a pas pris de RTT. Arc-en-ciel encore, à droite, puis à gauche.

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A 9h30, nous faisons à un arrêt à Manihuales, petite ville plate aux maisons basses et colorées. C'est une pause café petit déjeuner pour le chauffeur. J'en profite pour faire des photos. La pluie menace vraiment. La lumière du soleil quand il darde ses rayons sur des champs récemment moissonnés est chaleureuse. L'air est plus humide qu'à Coyhaique et cette humidité a une odeur.

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La vallée se rétrécit, les champs disparaissent, ce ne sont plus qu'étendues de forêts qui commencent sur le bord de la route et colonisent ensuite les montées. Des cîmes enneigées reviennent enchanter le regard sous un jour différent. La pluie et les nuages désormais dominent le ciel. Mais le blanc des neiges reste bien plus pur que les nuages.

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A 10h45, encore un arrêt. Déposer des gens et en prendre de nouveaux à Villa Amengual. Le soleil s'expose ici, un arc-en-ciel va et vient. Ici aussi les maisons sont basses, une petite église de bois a été peinte en orange pour mieux se faire remarquer et inciter les habitants à se diriger vers elle ? Quand je regarde la carte, je me dis que nous ne mettrons pas les six heures annoncées pour rejoindre Puyuhuapi. La montagne est habillée d'un manteau vert et nous encercle de toutes parts. Aucune échappatoire n'est possible. Devant aussi, se dressent des hauteurs de verdure. Un panneau annonce Puyuhuapi à 60 kilomètres. Je m'y vois dans les quarante minutes.

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Bloum, le minibus cahote. Il est 11h30 et la route asphaltée vient de s'arrêter.Un panneau de bienvenue au Parc Queulat sur la droite et la végétation devient soudain très très dense. Ah, je pensais bien qu'il y avait un truc. Et c'est parti pour une bonne montée. Non seulement, maintenant il pleut vraiment, mais il y a des ornières dans la piste. Nous croisons des camions, exercice délicat. La masse nuageuse est épaisse, de la buée s'est formée sur les vitres à l'intérieur du bus. Il faut essuyer pour voir des fuschias tout le long de la piste, mais aussi des fougères dont la taille et le vert translucide nous transportent aussitôt dans une forêt étrangère aux nôtres. Le chauffeur fait un arrêt au poste d'entrée du parc, mais personne n'a prévu de s'y arrêter. Une piscine en plastique s'effondre faute d'être remplie et peut-être utilisée. Dans un virage, un autel avec une Vierge à l'intérieur, en mémoire comme souvent d'une personne décédée à cet  endroit.

Puyuhuapi nous souhaite la bienvenue à 13h15. C'est la première fois depuis le début de mon séjour que le temps annoncé pour le trajet a été surévalué. Dommage qu'il pleuve. La vue sur le fjord est complètement bouchée. Premier jour de pluie depuis le 6 janvier, c'est pas l'enfer ! Je dois être au kilomètre 230 de la carretera austral.